Baptême

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Baptême et adhésion à l’Église

  1. Converti et baptize
  2. Ce qu’est l’Église
  3. L’adhésion est-elle importante?
  4. Avant de devenir membre
  5. Deux ordonnances

Converti et baptize

Est-il nécessaire d’être baptisé ? Pourquoi le baptême et l’adhésion à l’Église sont-ils jumelés? Pourquoi devrais-je me joindre à une Église ? Plusieurs personnes – les jeunes notamment – se posent ces questions. Après tout, se joindre à un groupe, peu importe lequel, peut être intimidant.

Au temps de la Réforme, certaines Églises ont recommencé à croire que le baptême et l’adhésion à l’Église, par opposition au baptême des enfants, s’adressaient à ceux qui pouvaient témoigner d’une vie transformée par une rencontre avec le Christ. On les appelait alors des Églises de croyants et les Anabaptistes en faisaient partie.

De pairs avec certains groupes Mennonites, les frères mennonites ont continué d’affirmer que le baptême et l’adhésion à l’Église sont partie intégrante de l’expérience du chrétien. Chose certaine, peu importe les raisons pour lesquelles l’adhésion à une Église nous rebute, il est primordial que nous redécouvrions les fondements bibliques d’un tel engagement. À vrai dire, il est essentiel que tous, tant les jeunes chrétiens que les théologiens et les pasteurs, nous réfléchissions ensemble à ce que veut dire être membre du corps du Christ.

Ce qu’est l’Église

Dans le Nouveau Testament, le mot « Église » possède deux sens bien distincts quoique reliés. On l’utilise fréquemment pour faire référence à une communauté (Actes 11,26) ou à des communautés spécifiques de croyants (Actes 15, 41). L’importance des rassemblements de chrétiens en un certain lieu est accentuée par l’apôtre Paul lorsqu’il dit dans 1 Corinthiens 11, 18 « lorsque vous vous réunissez en assemblée ».

Le mot « Église » est aussi utilisé lorsqu’il est question de croyants. Par exemple, dans Colossiens et Éphésiens, Paul fait régulièrement référence au « Corps de Christ » auquel appartiennent tous les chrétiens. Lorsqu’il écrit aux chrétiens d’Éphèse, Paul dit que Dieu « nous a rendus à la vie avec le Christ… et nous a ressuscités ensemble en Christ » (Éphésiens 2, 5-6).

L’apôtre Paul est celui qui a le mieux défini l’Église dans le Nouveau Testament et selon lui, les chrétiens font partie de l’Église universelle et de l’Église locale. Si nous pouvions questionner l’apôtre à propos de la relation qui existe entre ces deux entités, il nous répondrait probablement que lorsqu’un groupe de chrétiens se rassemble pour adorer Dieu, s’édifier et servir ensemble, ils sont la manifestation de l’Église universelle. Pour citer Robert Banks, « Ils manifestent dans le temps et l’espace ce qui, essentiellement, est éternel et infini en substance ».

Si c’est cela l’Église, que signifie en être membre ? Quand et comment devenons-nous membre à part entière du peuple de Dieu ? Quand et comment sommes-nous l’expression visible de cette communauté céleste?

Habituellement, dans les Églises locales, le nouveau membre est accueilli de façon formelle par l’assemblée. Cependant, dans le Nouveau Testament, on ne retrouve pas l’expression « devenir membre de l’Église » mais bien membres de Christ (1 Corinthiens 6, 15) et vous êtes le Corps de Christ et vous êtes ses membres (1 Corinthiens 12, 27). L’auteur, J.I. Packer,¹ écrit que « Dans les Écritures, le corps du Christ est compose de gens ordinaires qui vivent une vie nouvelle et extraordinaire parce que le Seigneur ressuscité les a saisis et rachetés et qu’il dirige maintenant leur vie. C’est tout naturellement que ceux qui ont reçu une vie nouvelle sont devenus membres d’une communauté visible et locale de croyants. La façon dont l’adhésion à l’Église se fait de nos jours permet de rendre formel ce que se faisait spontanément au début.

Le mot membre convient parfaitement au concept de corps, car le corps possède plusieurs parties, plusieurs membres. La métaphore du corps que Paul utilise laisse entendre que vivre ensemble, c’est vivre des relations interpersonnelles avec des gens qui s’attendent à certaines choses de nous et, en particulier, à ce que nous donnions le meilleur de nous-mêmes ».

Alors que Paul parcourait la Méditerranée en proclamant la bonne nouvelle de Jésus-Christ, les Églises émergeaient et se multipliaient. À dessein, il a amené les gens à vivre une relation intime avec Dieu, ce qui les a aussi rapprochés les uns des autres dans leurs nouvelles communautés de foi.

L’adhésion est-elle importante?

Pourquoi est-ce si important d’adhérer à une Église? Voici deux réponses possibles et qui sont reliées l’une à l’autre.

Premièrement, adhérer à une Église est important parce que Dieu s’attend à ce que le peuple qui lui appartient soit son témoin dans le monde. En effet, en tant que communauté de gens, l’Église est cruciale dans le plan de Dieu pour l’humanité et son histoire. Tous les récits bibliques témoignent du fait que Dieu n’a pas choisi de travailler avec des gens isolés, mais avec des gens vivant en communauté. « Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte… », lisons-nous dans 1 Pierre 2, 9-10.

Pierre nous rappelle que l’Église est une communauté de gens qui doivent leur existence et leur particularité à une vérité fondamentale : l’appel de Dieu. Il souligne aussi le fait que l’Église est une communauté de gens qui se sont engagés envers Dieu et envers les autres. Notre relation avec Dieu sert de modèle à nos relations avec les autres et nous sommes liés les uns aux autres. L’apôtre insiste sur le fait que l’Église est une communauté de gens qui existe pour le monde.

Leslie Newbigin² affirme que « lorsqu’on se met à penser que l’élection n’existe que pour son propre salut plutôt que pour le salut du monde, le peuple de Dieu trahit la confiance qu’on a mise en lui ». Dieu, par son appel, a amené à l’existence un peuple et il lui a confié le salut du monde.

Deuxièmement, adhérer à une Église est important parce que le croyant a besoin d’une famille au sein de laquelle il pourra grandir. Dans le récit de la naissance de l’Église, Ralph Martin3 fait remarquer que « le message central des apôtres n’est pas venez, goûtez à notre enthousiasme et partagez notre joie, mais plutôt venez, joignez-vous à cette nouvelle société de gens que Dieu a créée et trouvez-y votre place » . Le livre des Actes nous rappelle que c’est au sein d’une communauté de foi que le croyant trouve ce qui contribue à la maturité en Christ. (Voir aussi Éphésiens 4, 16.) Les expressions « corps »,« famille », « communion », que l’on retrouve dans le Nouveau Testament, témoignent de l’importance d’une vie communautaire. C’est dans ce cadre que la relation avec Dieu prend son ampleur, que les habitudes et les comportements du chrétien se développent, que les dons spirituels sont découverts et que la croissance spirituelle est encouragée et stimulée.

Avant de devenir membre

Avant de devenir membre d’une Église, deux événements doivent se produire dans notre vie : la conversion et le baptême. Ces deux éléments sont indissociables comme le sont les notes et les silences en musique.

Dans le Nouveau Testament on retrouve, à la base, le commandement de Jésus : « Repentez-vous ! » (Marc 1, 15 et Mathieu 18, 3). La conversion implique un virage, un changement de direction, une inversion du but de notre vie qui nous amène à être fidèles à Dieu. C’est essentiellement un engagement envers Dieu en réponse à sa miséricorde, et qui consiste à se repentir et à croire. La repentance opère un changement radical de nos pensées, buts, actes et engagements. Le « je-me-moi » est remplacé par un désir de servir Dieu et les autres. La foi, celle qui croit que la mort et la résurrection du Christ nous accorde le pardon de nos péchés, nous apporte la paix et la vraie vie. Nous vivons maintenant dans la joie et l’obéissance, étant reconnaissants pour la fidélité et l’amour de Dieu envers nous.

La conversion peut s’opérer instantanément, comme ce fut le cas pour Saul de Tarse, ou graduellement, comme on le voit chez Lydia, la marchande de tissue (Actes 16, 14-15).

De toute évidence, le Nouveau Testament enseigne que la foi et le baptême vont de pair. Le baptême suit généralement la confession de foi personnelle (Romains 10, 9-10 ; 1 Timothée 6, 12). Bien que la foi sans le baptême soit possible (par exemple le bon larron, Luc 23,43), les conversions étaient habituellement suivies du baptême (Actes 16, 25-34). C’était là un acte d’obéissance au commandement du Seigneur (Mathieu 28, 19-20). Ainsi, le baptême, c’est une déclaration, un acte de confession.

Cependant, une période d’attente entre la conversion et le baptême peut être utile, surtout dans le cas d’une très jeune personne. Mais lorsqu’un adulte fait l’expérience d’une réelle conversion, s’il repousse constamment le moment de son baptême, il démontre ainsi qu’il n’est pas disposé à se soumettre entièrement à la seigneurie du Christ. La foi sans la « bonne oeuvre » du baptême est incomplète.

Le baptême c’est aussi une initiation. Ce mot, issu du latin, signifie « commencement » et suggère l’arrivée, l’entrée, l’adhésion à une communauté. L’Église primitive a choisi l’eau comme symbole pour illustrer l’arrivée d’un membre dans l’Église. C’était un signe que le nouveau croyant faisait son entrée dans la communauté, dans l’Église locale, et aussi le signe que son incorporation au corps du Christ était maintenant chose faite.

J.I. Packer écrit : « La conception du Nouveau Testament de l’initiation consiste à devenir chrétien dans l’Église. Nous ne sommes pas sauvés en vase-clos, nous sommes sauvés en collectivité, avec l’assemblée ; nous sommes une partie du corps du Christ ou nous n’en sommes pas. » Obéir à Jésus-Christ exige que nous nous joignons au peuple de Dieu, dans une communauté locale.

Naturellement, le baptême demande un certain engagement de notre part dans la communauté (Romains 12, 4 ; 1 Corinthiens 12, 4). S’isoler – s’assoir à l’écart, se fermer aux autres, fuir les responsabilités – est une attitude contraire à l’esprit du baptême. C’est lorsque nous aimons activement nos frères et soeurs que nous donnons tout son sens au baptême.

Il est essentiel de se préparer au baptême. Dans l’Église apostolique, les candidats devaient se préparer et il est fort probable qu’ils le faisaient en étant instruits des croyances et pratiques propres au chrétien. Plus tard, au cours des premiers siècles de l’histoire de l’Église, il était d’usage courant d’être formé pendant une année avant de se faire baptiser. Jusqu’à ce jour, la plupart des Églises ont conservé cette façon de faire et la formation précède encore le baptême.

Deux ordonnances

Le peuple de Dieu célèbre son appartenance au corps du Christ à l’aide de deux ordonnances : le baptême des croyants et le repas du Seigneur. Tous les deux illustrent des réalités de notre foi en Dieu. Le baptême est célébré une seule fois, au début de notre vie chrétienne, et le repas du Seigneur, à différents moments au cours de celle-ci. Le premier se pratique devant le peuple de Dieu, le deuxième en communion avec lui.

Selon Paul, « quiconque confesse sa foi en Christ est invité à la table du Seigneur » (1 Corinthiens 10, 14-22). Étant donné que dans le Nouveau Testament cette confession de foi était immédiatement suivie du baptême, cela signifie-t-il que seuls ceux qui ont été baptisés peuvent participer au repas du Seigneur?

Toute Église est confrontée aujourd’hui à de tells questions un jour ou l’autre, car il arrive qu’une personne soit trop âgée pour être baptisée, ou qu’elle ait été baptisée enfant, qu’elle se soit convertie dans une confession qui ne pratique par le baptême ou encore, qu’elle soit éloignée de l’Église dans laquelle elle a été baptisée.

Le Nouveau Testament ne traite pas de tels cas. Il n’y est pas mentionné que l’on doit empêcher ceux qui ne sont pas encore baptisés de participer à la Cène. Toutefois, comme il est mentionné dans la confession de foi des frères mennonites, nous croyons que « selon le modèle du Nouveau Testament, le baptême precede la participation au repas du Seigneur ». Ceci étant dit, la table du Seigneur demeure ouverte à quiconque dit appartenir au Christ et adhérer à une communauté de foi.

D’autre part, le Nouveau Testament émet certaines restrictions quant à une participation à la Sainte- Cène. Par exemple, avoir une conduite immorale, souscrire à des erreurs doctrinales pouvant susciter des divisions ou encore rompre volontairement sa communion avec les autres sont des motifs suffisants pour compromettre notre participation au repas du Seigneur. Les Écritures nous encouragent à célébrer le repas du Seigneur de façon à manifester le caractère sacré de cette ordonnance.

Recevoir le Christ, c’est accepter et aimer son peuple. La découverte de la nouvelle vie en Christ devrait nous amener à confesser notre foi par le biais du baptême et par notre adhésion à une communauté locale de croyants. Et lorsque nous participons au repas du Seigneur, nous sommes, à titre de membre de la famille, en communion avec ceux qui nous entourent, partageant la même table. Nous avons hâte d’être au jour où nous serons tous rentrés à la Maison et où nous pourrons dire, « maintenant, la demeure de Dieu est parmi les hommes !

Il demeurera avec eux et ils seront son peuple. Dieu lui-même sera avec eux et il sera leur Dieu » (Apocalypse 21, 3).

Adapté de “A Converted and Baptized People” (Direction, Fall 1986 by Ray Bystrom)

Droits d’auteurs ©, Mars 2000, nouvelle mise en forme Mars 2010. Texte traduit et révisé avec permission par Jeannine Lambert, novembre 2012. Publié par le Comité Foi et Vie des frères mennonites du Canada.

1. J.I. Packer, I want to be a Christian (Wheaton : Tyndale, 1977).
2. Leslie Newbigin : James Edward Leslie Newbigin (8 décembre 1909 – 30 janvier 1998) était un théologien, missiologue et auteur britannique. Il a été évêque en Inde de 1947 à 1974.
3. Ralph Martin, The Family and the Fellowship (Grand Rapids : Eerdmans, 1979).